Discours de Pierre-Olivier Nobs, Conseiller général et d’agglo PCS Fribourg

  Manifestation anti-nucléaire du 26 avril 2011

 Place de l’Hôtel de Ville de Fribourg.

Citoyennes et citoyens du canton de Fribourg

Chères amies, chers amis

En ce moment je suis en pensées et en communion avec toutes les victimes des catastrophes nucléaires de Tchernobyl et de Fukushima. Je vous adresse également les salutations de notre Conseillère Nationale, Marie-Thérèse Weber-Gobet, que je remplace ce soir. Marie-Thérèse Weber-Gobet est la seule parlementaire du Canton de Fribourg qui participe ces jours au voyage parlementaire organisé par Green Cross Suisse à Tchernobyl.  Elle passera la journée de commémoration dans la région du réacteur accidenté et s’informera sur les effets que cette catastrophe nucléaire continuent d’avoir sur la vie des personnes touchées et comment la société, l’économie et l’environnement se sont modifiés depuis. Hier c’est avec une très grande émotion qu’elle s’est recueillie au cimetière de Slawutitsch  ou reposent à jamais les victimes de cet accident nucléaire. Au moment où je vous parle elle est sur le chemin du retour après une visite de ces sinistres lieux que sont la centrale accidentée et son sarcophage et la malheureuse et désormais trop célèbre ville Prypiat, ville fantôme depuis déjà 25 ans !

Que toutes nos pensées  accompagnent ces victimes inutiles !

Chers amies et amis, le moment est venu de ne plus accepter de vivre avec ce risque.

Travaillons ensemble pour un canton de Fribourg sans énergie nucléaire. Donnons un signal fort à notre Conseil d’Etat pour qu’il engage enfin notre Canton  dans la seule voie possible, soit un avenir énergétique qui repose sur les deux piliers que sont, les énergies renouvelables et l’efficience énergétique. Faisons pression ensemble sur le Groupe E afin qu’il se débarrasse de toutes ses participations dans le nucléaire et que le courant qu’il nous vend soit désormais et dans les plus brefs délais exempt de tout électricité d’origine nucléaire suisse ou étrangère. Soit dit en passant, son directeur actuel, Monsieur Philippe Virdis, a affirmé dans la presse au début de ce mois d’avril  2011 qu’il était possible de sortir du nucléaire dans les 3 à 5 ans.

N’attendons pas une catastrophe de plus, qu’elle soit ailleurs dans le monde ou dans notre pays.  Ne laissons pas ces catastrophes indignes d’une humanité développée  s’effacer progressivement de nos mémoires. Ne laissons pas le quotidien nous faire relativiser et tolérer des risques dont les conséquences seront irréversibles.

Citoyennes, Citoyens,

Arrêtons d’accepter de vivre à 20 kilomètres de la centrale nucléaire de Mühleberg. Installation technique de presque 40 ans, usée, dépassée technologiquement. Faible production d’électricité, car c’est l’une des plus petite centrale nucléaire de Suisse, mais des bénéfices juteux pour ses propriétaires les Forces Motrices Bernoises parce qu’elle est amortie depuis belle lurette. Les espèces sonnantes et trébuchantes pour les actionnaires des FMB et les risques sur vous et moi et toutes les populations résidentes qui sommes et seront aux premières loges en cas d’accident. Le cœur fatigué de cette centrale est contenu par des agrafes bricolées. De surcroit deux expertises allemandes toutes récentes confirment le fait que cette réparation est insuffisante et que cette centrale est désormais dangereuse. Exigeons la fermeture immédiate de Mühleberg et n’oublions pas que cette vielle carcasse fatiguée est située à 14 km à l’ouest de Berne et moins de 20 km de 39 communes Fribourgeoises totalisant pour le Canton de Fribourg pas moins de 102’000 habitants soit un peu moins de 40% de notre population. Pire, cette malheureuse et machiavélique installation nucléaire est construite à 1.8 km en aval du barrage du lac de Wohlen qui date des années 1920.

Qu’arriverait-t-il si ce barrage cédait et que la centrale se trouvait noyée sous une vague de plusieurs mètres comme cela s’est passé au Japon ?

Citoyennes, Citoyens, l’union fait la force, nous avons entre nos mains le pouvoir de réussir !

Délivrons-nous de la dépendance de l’énergie nucléaire. Travaillons tous ensemble et dès aujourd’hui pour nos enfants et petits enfants. Sortons de ce monde d’égoïsme qui jouit des plaisirs éphémères de la consommation en prenant des risques inutiles tant pour nous que pour notre environnement  et toutes les créatures vivantes de notre magnifique Terre. Ne soyons plus les complices de ceux qui veulent en faire payer le prix fort aux générations futures !

Mon parti, le Parti chrétien-social PCS, parti humaniste et de centre gauche s’est opposé depuis toujours à l’énergie nucléaire et s’est résolument tourné dès ses débuts il y a maintenant presque 30 ans en faveur des énergies renouvelables.

Par exemple, notre actuelle Conseillère Nationale, Marie-Thérèse Weber-Gobet lorsqu’elle siégeait encore au Grand-Conseil Fribourgeois a fait réaliser un rapport sur le potentiel solaire des toits des bâtiments de l’Etat. Ce rapport a été rendu public il y a deux mois maintenant et il est très prometteur. Mesdames et Messieurs les membres du Conseil d’Etat, nous vous prions avec la plus grande insistance de passer aux actes et de réaliser ce potentiel dans les délais les plus brefs ! Assez discuté il faut agir et réaliser ce potentiel solaire !

Le 15 janvier de cette année, les membres du PCS Suisse réunis lors de leur assemblée des délégués à Fribourg ont renouvelé leur Credo antinucléaire en adoptant à l’unanimité une résolution contre la construction de nouvelles centrales nucléaires dans notre pays.

Le PCS du canton de Fribourg a lancé ce mois de février 2011 une motion populaire qui propose de soumettre au referendum obligatoire tout ce qui concerne le nucléaire dans notre canton. Cette motion populaire sera déposée le 12 mai prochain, à la Chancellerie cantonale. Pour le parti chrétien social, il est inadmissible que les 7 Conseillers d’Etats aient le droit de décider à la place de la population fribourgeoise sur un sujet aussi risqué que l’énergie nucléaire. Notre député de Fribourg ville, Benoît Rey (PCS ) a déposé quant à lui,  le 18 janvier 2011 déjà, une question  pour connaître la position de notre Conseil d’Etat au sujet du dépôt intermédiaire pour les déchets radioactifs prévu à Mühleberg et pour inciter le Conseil d’Etat  à s’engager contre la réalisation de nouvelles centrales. Dans sa réponse du 21 mars, le CE  se réfère à la suspension des autorisations décrétée par la Conseillère fédérale Doris Leuthard  et adopte la même attitude d’attente sans s’engager plus.  Il est d’avis de s’en référer au Grand Conseil pour confirmer sa politique mais le PCS en demande  plus !

Reprenons le pouvoir en matière nucléaire dans notre canton en donnant à la population le droit de décider ! Merci de signer en masse notre motion populaire, ici,  tout de suite, ou en la téléchargeant sur le site du PCS du canton de Fribourg c’est encore le moment !

Citoyennes, Citoyens

Ne cédons pas aux campagnes de désinformation des lobbys grassement payés par les électriciens suisses. Leurs messages mensongers censés faire accepter au peuple la construction de deux nouvelles centrales nucléaires sont basés sur les émotions et ne représentent pas la réalité technique.  L’emploi d’arguments destinées à attiser  les peurs et les risques de pénuries ne sont en réalité que des chimères destinées à alourdir les poches déjà bien remplies de leurs actionnaires.

L’efficacité énergétique, selon l’agence SAFE (agence suisse pour l’efficacité énergétique) représente un gisement de 18 TWh/an et les perspectives de développement des énergies renouvelables représentent un gisement 25 TWh/an selon la fondation rétribution à prix coûtant du courant injecté (RPC) 2009 soit un total cumulé de 43 TWh/an.

Comparé à la production annuelle des 5 centrales en service qui est de 25 TWh/an et à la production des deux futurs projets avortés qui serait de 9.3 TWh/ par centrale, il n’y a pas photo !

Citoyennes, Citoyens, chères amies et amis,

N’acceptons plus de nouvelles centrales nucléaires dans notre Pays et travaillons tous unis afin de faire fermer le plus vite possible les 5 centrales existantes. Arrêtons de produire des déchets dont personne ne sait que faire, qui irradieront pendant des milliers d’années et que personne ne veut.

L’avenir est renouvelable, soutenons et battons nous ensemble pour la création d’emplois en suisse lié à la production locale et décentralisée d’électricité d’origine renouvelable et dans ceux généré par la mise à jour des installations électriques et permettant d’optimiser l’efficience énergétique. A titre d’exemple l’Allemagne à crée 300’000 emplois de ce type en dix ans et à fait passer sa production d’énergie renouvelable de 1% à 13%.

Sortir du nucléaire, c’est techniquement possible. C’est donc un choix politique et économique que nous devons faire ! Ensemble sortons de l’impasse du nucléaire !

La bataille finale  s’annonce !

Par respect pour les générations futures nous nous devons la gagner !

Merci de votre attention.

Pierre-Olivier Nobs, pour le PCS Fribourgeois

 

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La mémoire courte ?

Le Président de  « Sauvez Schwyberg », prétend qu’il n’y a pas de lien entre les éoliennes du Schwyberg et le nucléaire. Pourtant dans LA LIBERTE du 26.1.2001 il s’exprimait  ainsi : « Remplacer l’énergie nucléaire par de l’énergie verte ?  Une illusion… ».Il affirmait aussi dans son argumentaire de janvier 2011 envoyé au Président du PCS cantonal : «  Le remplacement du nucléaire?  Il n’est pas prévu et techniquement pas faisable de remplacer le nucléaire par la production de courant électrique vert produit dans le pays ». C’est donc facile de se présenter comme défenseur du paysage dans ces conditions. Il me semble aussi qu’il n’a pas bien compris la teneur de mon courrier de lecteur. Dans celui-ci, je n’affirme, ni je n’infirme, qu’il faille construire des éoliennes au Schwyberg. La raison en est bien simple. Ce n’est ni à un élu, ni à un Président d’association d’en décider. Je le répète, cette tâche revient aux spécialistes en environnement qui devront en plus respecter les procédures et le droit en vigueur. Ma seule certitude, si les critères environnementaux sont assurés, la protection du paysage dans ce cas n’est pas déterminante. La raison en est évidente car les éoliennes sont des éléments paysagers réversibles. C’est le contraire pour un site nucléaire comme Mühleberg par exemple dont 102’000 habitants de 39 communes Fribourgeoises résident à moins de 20 km. Sans oublier les impacts irréparables des projets immobiliers pharaoniques prévus dans nos Alpes. Cette association dont le but est de protéger le paysage se trompe manifestement de cible !

Pierre-Olivier Nobs

Conseiller général et d’AGGLO

 

Facile d’être contre les éoliennes lorsqu’on soutien le nucléaire

Je prends donc acte des déclarations du comité «Sauvez les Préalpes-Rettet den Schwyberg» qui  affirme que la Suisse ne pourra pas se passer de nouvelles centrales nucléaires (voir La Liberté du 26 janvier). Dans ces conditions, pourquoi  gâcher ce magnifique panorama avec des éoliennes,  puisque ce sera aux générations futures de se débrouiller avec les déchets nucléaires!

Je rappelle que les membres du PCS suisse ont accepté à la quasi unanimité une résolution contre toutes nouvelles centrales nucléaires dans notre pays et que le député  fribourgeois Benoît Rey (PCS ) vient de déposer une question  pour connaître la position de notre Conseil d’Etat au sujet du dépôt intermédiaire pour les déchets radioactifs prévu à Mühleberg. Je rappelle aussi que pour le PCS,  l’avenir est dans les énergies renouvelables et l’efficience énergétique. J’informe que notre parti soutien l’énergie éolienne et tous projets destinés à produire de l’électricité ou de l’énergie de manière renouvelable pour autant que de stricts critères environnementaux soient respectés. Pour le parc éolien prévu au Schwyberg, ce sera aux spécialistes de l’environnement de trancher. Quel que soit son sort,  j’encourage les compagnies productrices d’électricité à persévérer dans le développement des technologies vertes et à ne pas baisser les bras à la première déconvenue !

 L’avenir est renouvelable, qu’on se le dise !

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Le samedi 15 janvier 2011,  j’ai présenté à l’assemblée des délégués du PCS Suisse un diaporama  qui démontre que notre pays peut relever les défits énergétiques qui s’annoncent sans nouvelles centrales nucléaires.  Vous pouvez voir cette présentation en suivant  ce lien:  Energie nucléaire sortons de l’imasse ! pdf

Ensuite,  l’assemblée des délégués du  PCS Suisse a adopté la résolution suivante: 

Résolution pour un avenir énergétique et de l’électricité suisse sans nouvelles centrales nucléaires !

rédigée pour le PCS par Pierre-Olivier Nobs

et adoptée à l’occasion de l’assemblée des délégués

du PCS Suisse du 15 janvier 2011 à Fribourg

 Le PCS suisse affirme qu’il est possible d’assurer le futur énergétique de la Suisse sans nouvelles centrales nucléaires. L’efficience énergétique et le développement des énergies renouvelables peuvent assurer une production totale d’environ 43 TWh d’ici 2030. Le PCS rappelle que la production annuelle des 5 centrales suisses en fonction est de 25 TWh/an, ce qui laissera à notre pays une marge confortable pour assurer les besoins nouveaux en matière d’électricité. C’est pourquoi le PCS refusera la construction de toute nouvelle centrale nucléaire. Le PCS soutien la création d’emplois en Suisse liés à la production locale et décentralisée d’électricité d’origine renouvelable et dans ceux généré tant dans l’industrie que dans le commerce par la mise à  jour progressive des installations électriques permettant d’augmenter l’efficience énergétique.

Le PCS qui s’est toujours déclaré contre l’énergie nucléaire ne cédera pas aux campagnes de désinformation des lobbys grassement payés par les électriciens suisses. Leurs messages mensongers censés faire accepter au peuple la construction de deux nouvelles centrales nucléaires sont basés sur les émotions et ne représentent pas la réalité technique.  L’emploi d’arguments destinées à attiser  les peurs et les risques de pénuries ne sont en réalité que des chimères destinées à alourdir les poches déjà bien remplies de leurs actionnaires.

Le PCS constate que l’efficacité énergétique, selon l’agence SAFE (agence suisse pour l’efficacité énergétique) représente un gisement de 18 TWh/an et que les perspectives de développement des énergies renouvelables représentent un gisement 25 TWh/an selon la fondation rétribution à prix coûtant du courant injecté (RPC) 2009 soit un total cumulé de 43 TWh/an.

Comparé à la production annuelle des 5 centrales en service qui est de 25 TWh/an et à la production des deux futurs projets avortés qui serait de 9.3 TWh/ par centrale, il n’y a pas photo !

Le PCS constate aussi que la filière nucléaire en plus des risques liés aux accidents et aux manques de solutions responsables pour le stockage définitif des déchets radioactifs compromet la respectabilité de Suisse sur la scène internationale. En effet, nos voisins immédiats voient d’un mauvais œil la construction de centrales nucléaires près des frontières et le marché de l’uranium est un marché à risque. Les scandales liés aux atteintes à l’environnement et à la santé des populations dans les pays de production et les trafics de tous genres sont courantes. Sans compter la coresponsabilité dans la production de plutonium utile pour les armes atomiques, produit indirect du retraitement des déchets.

Pour toutes ces raisons le PCS refusera toute nouvelle centrale nucléaire. Le PCS soutien la création des emplois en suisse lié à la production locale et décentralisée d’électricité d’origine renouvelable et dans ceux généré par la mise à jour des installations électriques et permettant d’optimiser l’efficience énergétique.

Pierre-Olivier Nobs, pour le PCS Suisse

 

 

Prise de position de Pierre-Olivier Nobs  lors de l’assemblée des délégués du PCS Suisse, été 2007 Zürich

Energie  / Climat / Pas de nouvelle centrale nucléaire 

Je m’oppose de manière catégorique à la construction de nouvelles centrales nucléaires en Suisse.Certains me diront qu’avec pareille position, je fais partie des politiques qui n’ont pas compris que le nucléaire protège le climat puisqu’il n’émet pas de CO2. 

 Le nucléaire ne protège pas le climat. Toute sa filière, l’extraction extrêmement polluante d’un minerai très rare, son enrichissement, son transport, la construction des centrales, le retraitement des déchets, le démantèlement des centrales, le conditionnement complexe des déchets, la création de galeries de stockage, produisent du C02. 

Le nucléaire ne résout en aucun cas une éventuelle pénurie d’énergie électrique.La très faible quantité d’uranium présente sur notre planète ne pourra que prolonger de quelques décennies une situation énergétique de plus en plus tendue et qui demande des solutions à long terme. La croissante demande mondiale en uranium,  en plus de faire exploser sa cotation boursière, réduira encore cette très courte période. 

Le nucléaire n’est pas rentable.Il ne produit du courant électrique à un prix attractif que grâce à l’externalisation de ses coûts. La recherche et son développement sont assumés par des aides publiques massives.Ses risques, ses conséquences humaines et financières en cas de catastrophes ou d’accidents seront assumés par la collectivité. La surveillance des ces installations en cas de tensions internationales ou risques terroristes coûtera cher. En France par exemple, près de certains sites nucléaires civils, les autorités françaises ont déployé des mesures de protection antiaériennes.

La couverture RC par centrale nucléaire en Suisse est ridicule : 1.8 mia. En comparaison, la fusion d’un réacteur d’une de nos centrales provoquerait des dégâts estimés à 4300 mia frs.Malgré les fonds prévus par la loi, qui sont  alimentés par les producteurs d’énergie atomique, la gestion des déchets et le démantèlement des centrales devront certainement aussi être assurés par des fonds publics.

Le marché fera disparaître certaines entreprises et les Suisses paieront. 

Le nucléaire est très risqué.Les accidents sont connus de tous.En Suisse, en cas d’accident grave, ses conséquences durables rendront des espaces vitaux indispensables inhabitables pendant des centaines, voire des milliers d’années.La faible résistance des enceintes de confinement prévues pour résister à l’impact d’un petit avion de tourisme rendent notre pays vulnérable aux accidents aériens et à d’éventuels actes de terrorisme.

Les déchets nucléaires dont on ne sait que faire seront  un fardeau pour les générations futures.La Suisse à 700 ans, les déchets nucléaires resteront dangereux, pour les plus radioactifs, pendant 100’000 ans. 

Le nucléaire est mauvais pour la paix, le retraitement de nos déchets produit du plutonium. Substance stratégique hautement convoitée, terriblement toxique, inexistante à l’état naturel sur notre terre et très difficile à détruire. 

Le nucléaire n’est pas la solution en cas de réchauffement climatique.Souvenons-nous que durant l’été 2003 certaines centrales suisses ont dû être arrêtées car la température des rivières censées les refroidir était trop élevée !     

 Mais alors quelles sont les alternatives ou solutions ! 

Les entreprises productrices travaillent pour faire des bénéfices et pour contenter leurs actionnaires, il n’y a pas grand-chose à attendre de celles-ci. 

C’est donc aux politiques de mettre en place les mesures urgentes qui s’imposent.

La question de base est la suivante :Répondre aux besoins en énergie de notre pays tout en réduisant nos rejets de CO2 de 30% au minimum d’ici 2020, ceci sans avoir recours à de nouvelles centrales nucléaires, sans importation massive de courant électrique étranger d’origine nucléaire ou thermique et en tenant compte du fait que progressivement les actuelles centrales nucléaires suisses seront mises hors service. 

Pour moi il faut agir sur deux axes : 

1)     L’utilisation massives des énergies renouvelables : solaire, éolienne, géothermique, biomasse, petit  hydraulique 

Les politiques doivent mettre en place des dispositions qui obligent les producteurs  d’énergies à payer  leurs coûts externes. La taxe sur le CO2 est un exemple, elle rend la production d’électricité par des centrales thermiques gaz/mazout moins avantageuse.  De cette manière le prix de revient des énergies renouvelables deviendra d’office plus compétitif. On augmentera ainsi les investissements privés en technologies productrices d’énergies renouvelables. Par un mécanisme financier, on garantira l’achat de la production d’électricité de ces nouveaux acteurs énergétiques de manière à ce que l’amortissement de leurs installations soit assuré sur 10 ans.Les avantages de cette solution sont les suivants : incitations, production d’une énergie propre. Production d’énergie décentralisée, ce qui renforce la sécurité d’approvisionnement de la Suisse. Sortie progressive du nucléaire.Cette solution aura des impacts économiques significatifs, et apportera beaucoup de travail aux PME actives dans ce secteur, ceci dans toutes les régions du pays. 

 2)     Les économies d’énergie 

Economies ne riment pas forcément avec rationnement. Aujourd’hui les études disent que l’on se situe dans une société dite « 6000 watts ». Pourtant des études très sérieuses à ce sujet constatent que si nous appliquions toutes les technologies déjà existantes, on arriverait à se situer dans « la société 2000 watts ». Il faudra du temps pour réaliser tous ces énormes potentiels d’économies. C’est pourquoi, si nous voulons réussir, il faut commencer dès aujourd’hui.C’est donc aux politiques de contraindre le marché à évoluer vite. 

Quelques exemples : 

Bâtiments 

En rendant obligatoires pour toutes les nouvelles constructions les normes MINERGIE ou équivalentes. En rendant obligatoire pour la construction de nouveaux lotissements ou quartier le principe de l’ Eco quartier. 

En rendant obligatoire pour les communes et les cantons lors du remplacement d’un système de chauffage et de production d’eau chaude d’un bâtiment le choix d’une technologie utilisant en majorité des énergies renouvelables. 

En assouplissant et en rendant gratuite la procédure de mise à l’enquête pour des installations solaires que des particuliers aimeraient réaliser. 

Maison 

Par exemple une ampoule classique qui consomme 60 watts peut facilement être remplacée par une ampoule à basse consommation qui utilise 15 watts pour la même quantité de lumière. Dans un futur très proche, la technologie des leds sera encore plus performante. 

Adopter des normes très strictes en matière de consommation électrique des appareils ménagers tels frigos, sèche-linges, électronique de loisir.Par exemple, le « mode veille » cumulé des appareils ménagers des Suisses consomme la quantité d’énergie produite par la centrale nucléaire de Mulheberg durant quatre mois. 

Pour terminer, une gestion plus intelligente de la mobilité et des transports est l’autre axe sur lequel il faut agir impérativement si l’on veut relever les défis climatiques et énergétiques. 

 

  Pierre-Olivier Nobs

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