Intervention pour la semaine de la mobilité 2007, le lundi 17 septembre à 20h à la salle Rossier

Bonsoir à toutes et tous 

Je m’exprime ce soir, non seulement en tant que membre du comité de l’ATE Fribourg, mais aussi en tant qu’élu au Conseil général de la ville de Fribourg et en tant que candidat au Conseil national.

Ce soir, dans cette petite introduction, j’aimerais surtout parler de l’obligation que nous autres citoyens et politiques avons envers nos aînés, plus particulièrement en ce qui concerne leur mobilité.

Il est entendu que nos préoccupations envers eux ne s’arrêtent pas à cette seule thématique et doit également concerner leurs moyens de subsistance, leurs droits à disposer d’un logement dont le prix est en relation avec leurs moyens financiers, l’intégration intergénérationnelle, le maintien à la maison, les soins à domicile, sans oublier l’accès aux soins de qualité.

N’oublions pas  que  se préoccuper de nos aînés, c’est aussi se préoccuper de nous-mêmes, car nous aussi, nous vieillissons. En 2036 les personnes âgées seront  50% plus nombreuses qu’aujourd’hui ; en 2036 je ferai moi-même, comme beaucoup d’entre vous dans cette salle, partie de ce groupe.

En matière de mobilité, et ce de manière injuste, on pense souvent que les aînés, au volant, sont de potentiels fauteurs d’accidents de la route.Les statistiques prouvent pourtant le contraire,  les aînés sont plus souvent en danger que dangereux pour les autres en tant qu’automobilistes. 

Par contre, en tant que piétons, deux tués sur trois étaient âgés de plus de 65 ans.Dans la classe d’âge des 80 à 84 ans le risque d’être blessé est huit fois plus élevé que chez les 40-44 ans.Dans 72 % des accidents, la faute était entièrement imputable aux autres acteurs du trafic.On constate que l’aménagement urbain de nos villes est rarement adapté aux besoins des personnes âgées.Les bancs sont trop rares, les paliers (marches, escaliers) trop peu distincts, les feux passent trop vite au rouge.Des îlots de sécurités manquent  trop souvent au milieu des passages piétons.Le travail de sensibilisation concernant la sécurité routière de cette tranche si importante de nos concitoyens est quasi inexistant. 

Manifestement l’urbanité de nos villes exclut nos aînés. On oublie de les consulter pour connaître leurs difficultés.

Pourtant, conserver la mobilité des personnes âgées est positif  et important pour eux, comme pour nous.Les déplacements à pied contribuent au maintien de  leur santé, évitent l’isolement et leurs permet de vivre de manière autonome le plus longtemps possible.Ces objectifs si importants pour eux comme pour nous sont en contradiction avec les possibilités existantes de se déplacer en toute sécurité dans l’espace public.

Il est donc temps de passer aux actes. 

Au niveau communal, Il est impératif de faire réaliser des enquêtes ou des ateliers participatifs auprès des aînés pour identifier les difficultés qu’ils rencontrent dans leurs déplacements. Un questionnaire type avec une grille d’analyse existe et est proposé par notre bureau conseil de Genève.J’en ai parlé de manière informelle à certains responsables politiques de notre commune, mais je n’ai jamais trouvé d’oreilles attentives et intéressées.Il est urgent que nos exécutifs et législatifs communaux prennent enfin la mesure de leurs responsabilités.Que des crédits soient  alloués à la réalisation rapide des mesures qui s’avéreront nécessaires. 

Au niveau cantonal, notre canton, au lieu de faire des cadeaux fiscaux, ferait mieux de créer un fonds d’aide à la réalisation de telles mesures, ce fonds serait aussi destiné à la promotion de la mobilité douce en général.Notre canton pourrait également affecter une partie de l’impôt cantonal sur les véhicules pour créer ce fond. Ce n’est certes pas au canton de se substituer aux communes dans la durée, mais de manière limitée dans le temps il se doit de donner l’impulsion et une partie des moyens. 

Au niveau fédéral, bien qu’exigées aux agglomérations par la Confédération via le fonds d’infrastructures, les mesures de mobilité douce s’avéreront les parents pauvres en terme de budget et de réalisations.J’attends de la Confédération qu’elle renforce ses exigences en la matière pour toute obtention future de crédits routiers.

En cas d’élection cet automne, je m’y emploierai.  

Avant de terminer, j’aimerais encore attirer l’attention sur la complémentarité des mesures à prendre pour nos aînés.Celles-ci seront également positives pour les personnes à mobilité réduite, pour la mobilité en toute sécurité de nos enfants et celle des piétons en général. 

Enfin, je suis convaincu qu’investir dans la mobilité douce notamment, c’est faire le pari qu’une qualité de vie retrouvée pour toutes les générations est possible dans nos agglomérations et nos villages.

Merci

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